La Présence – Revenir à soi… qu'est-ce que cela veut vraiment dire ?
Sur le chemin de la connaissance de soi, il y a un mot que l'on entend souvent :
la présence à soi.
Mais qu'est-ce que cela signifie réellement ?
Pour moi, la présence à soi commence par quelque chose de très simple :
être là.
Être réellement là, dans son corps, dans ses sensations, dans son ressenti.
Prendre conscience de sa respiration.
Sentir son corps.
Percevoir ce qui se passe à l'intérieur.
Écouter ce qui est là, à cet instant.
Et parfois, simplement en portant notre attention sur nous-mêmes, quelque chose commence à se relâcher.
Le corps se détend.
Le mental ralentit.
L'énergie peut à nouveau circuler.
Et peu à peu, nous pouvons entrer dans un autre état de conscience de tout notre être.
Mais qu'est-ce qui peut nous empêcher d'être réellement présents à nous-mêmes ?
Très souvent, notre mental.
Avant de pouvoir être pleinement présents, il nous faut parfois apprendre à observer ce qui nous traverse, sans nous y identifier.
Lorsque le mental s'agite…
Lorsque les pensées s'enchaînent, lorsque nous réagissons immédiatement à ce que nous vivons, nous pouvons perdre le contact avec ce qui se passe réellement en nous.
Nous sommes pris dans nos pensées, nos peurs, nos inquiétudes, nos réactions.
Tout devient alors un peu comme une eau agitée et trouble.
Lorsque l'eau est en mouvement, nous ne pouvons pas voir clairement ce qui se trouve au fond.
Il peut en être de même pour nous.
Tant que notre mental est agité, il devient difficile de percevoir ce qui se trouve plus profondément en nous.
Nous pouvons même finir par nous identifier à ce que nous traversons.
Je suis en colère.
Je suis triste.
J'ai peur.
Comme si ce que nous vivions devenait ce que nous sommes.
Alors, comment retrouver de la clarté ?
Peut-être simplement en apprenant à observer.
À respirer.
À accueillir ce qui est là.
À cesser un instant de vouloir tout contrôler ou à relâcher ce qui est là…
L'agitation peut alors peu à peu se déposer.
Et comme l'eau qui retrouve sa clarté lorsque le mouvement s'apaise, nous pouvons commencer à voir plus clairement.
Observer ce qui est là sans devenir ce que nous observons.
Une pensée peut être là sans que nous ayons besoin de la suivre.
Une émotion peut nous traverser sans que nous ayons besoin d'agir immédiatement.
Une sensation peut être ressentie sans chercher à la modifier.
Nous pouvons simplement regarder.
Accueillir.
Laisser être.
Et dans cet espace d'observation, quelque chose change.
Nous ne sommes plus complètement emportés par ce qui se passe en nous.
Nous devenons celui ou celle qui observe.
Et cette distance peut ouvrir un nouvel espace intérieur.
Un espace où nous pouvons commencer à voir autrement ce qui nous traverse.
Ce que je ressens fait partie de mon expérience, mais ne définit pas nécessairement qui je suis.
Et lorsque nous apprenons à observer avec davantage de recul, quelque chose peut peu à peu changer.
Notre personnalité, nos mécanismes de défense, nos habitudes, notre ego peuvent perdre de leur place.
Non pas parce qu'ils disparaissent.
Mais parce que nous découvrons qu'ils ne sont peut-être pas toute notre identité.
Une dimension plus profonde de nous-mêmes
Lorsque le mental se calme et que nous ne sommes plus identifiés à ce qui nous traverse, nous pouvons faire l'expérience de quelque chose de difficile à expliquer avec des mots.
Le silence.
Le calme.
Une paix intérieure.
Un espace dans lequel nous n'avons plus besoin de faire, de comprendre ou de contrôler.
Nous sommes simplement là.
Présents.
Et dans cet espace, quelque chose peut commencer à se révéler.
Une sensation de confiance profonde.
Un sentiment d'être relié à tout ce qui est.
Une impression que les frontières entre soi et ce qui nous entoure se dissolvent.
Une expérience de non-dualité, pour ceux qui mettent ce mot sur leur vécu.
Et parfois même, l'accès à des espaces plus mystérieux, plus subtils, qui peuvent nous sembler d'ordre spirituel ou divin.
Je ne cherche pas ici à donner une définition de ces expériences.
Je crois simplement que certaines choses se vivent plus qu'elles ne s'expliquent.
Alors, peut-être qu'au-delà de tout ce que nous croyons être, il existe un espace plus profond en nous.
Un espace qui n'a plus besoin de rôle.
Plus besoin de masque.
Plus besoin de se protéger.
Un espace simplement présent.
Un « Je suis ».
Peut-être est-ce cette dimension que certaines traditions appellent le Soi.
D'autres parlent de conscience, de présence, de source ou de quelque chose de divin.
Les mots peuvent être différents.
Mais l'expérience peut parfois nous donner le sentiment d'entrer en contact avec une source de vie plus grande que notre personnalité.
Quelque chose qui ne demande rien.
Qui n'a rien à prouver.
Qui semble simplement être là.
Une sagesse qui ne vient pas seulement de ce que nous avons appris, mais de ce que nous expérimentons profondément.
Une compréhension plus simple.
Plus authentique.
Plus proche de ce que nous sommes réellement.
Et peut-être que c'est aussi là que nous pouvons retrouver une joie plus profonde.
Non pas la joie liée à ce qui nous arrive ou à ce que nous possédons.
Mais cette sensation simple d'être vivant.
De respirer.
D'être là.
Simplement là.
Et peut-être que la Présence n'est finalement pas quelque chose que nous devons atteindre.
Peut-être est-elle déjà là, derrière le mouvement de nos pensées, derrière nos rôles, nos histoires et tout ce que nous croyons être.
Peut-être que nous ne créons pas la Présence.
Peut-être apprenons-nous simplement à faire suffisamment de silence pour la laisser se révéler.
Et lorsqu'elle se révèle, quelque chose peut se libérer.
Les pensées perdent leur emprise.
Le corps retrouve de la tranquillité.
Nous pouvons accueillir davantage ce qui est.
Une forme d'harmonie et de légèreté peut apparaître.
Et parfois, une joie simple.
Une bienveillance envers soi-même.
Envers les autres.
Envers la vie.
Il peut aussi y avoir cette sensation étrange d'absence de limites, de vide et de plénitude à la fois.
Un espace silencieux, transparent, immuable.
Un espace qui n'a rien à prouver.
Et peut-être que c'est cela qui rend la Présence si difficile à expliquer.
Elle ne se comprend pas seulement.
Elle se vit.
La Présence dans notre relation aux autres
Et cette présence ne reste pas seulement à l'intérieur de nous.
Elle peut aussi se ressentir dans notre manière d'être avec les autres.
Mais la présence ne se trouve pas seulement dans ce que nous faisons ou dans les mots que nous prononçons.
Elle peut aussi se manifester dans notre corps, notre posture, notre respiration, notre façon d'être là.
Lorsque nous sommes alignés avec nous-mêmes, lorsque nous sommes ancrés dans notre corps, quelque chose se dégage naturellement de nous.
Une force tranquille.
Une confiance profonde.
Une présence apaisée.
Une présence qui n'a pas besoin de s'imposer pour être ressentie.
Elle peut alors créer un espace différent dans la relation.
Un espace où l'autre peut se sentir écouté, accueilli, reconnu.
Et lorsque deux personnes sont réellement présentes l'une à l'autre, il ne s'agit plus seulement de quelqu'un qui parle et de quelqu'un qui répond.
Il y a une véritable rencontre.
Une rencontre qui peut devenir plus profonde, plus authentique.
Peut-être est-ce aussi cela, être ancré :
être suffisamment présent à soi pour pouvoir être pleinement présent à l'autre.
La Présence n'est pas seulement quelque chose que l'on ressent, mais quelque chose qui rayonne naturellement dans notre manière d'être.
Et si…
Et si la Présence n'était finalement pas un état extraordinaire à atteindre ?
Et si elle était simplement un retour à ce que nous sommes lorsque nous cessons un instant de nous perdre dans nos pensées, nos rôles et nos histoires ?
Et si, derrière tout ce que nous cherchons à devenir, il y avait simplement quelqu'un à rencontrer : nous-mêmes ?
Et si la véritable présence commençait lorsque nous n'avions plus besoin de chercher à être quelqu'un…
Mais simplement à être ?
Et vous ?
Vous arrive-t-il parfois de ressentir ces moments où tout semble s'apaiser ?
Où vous êtes simplement là, sans avoir besoin de faire, de comprendre ou de contrôler ?
Un instant de silence.
Une respiration.
Une sensation d'être pleinement là.
Et si vous preniez aujourd'hui quelques instants pour simplement… être présent à vous-même ?


